De Fosse-aux-Morts et d'Alanthius

La brume, épaisse et silencieuse, s'étale sur la plaine et se fraye un passage entre les ruines. Elle s'insinue jusqu'au pied de la Tour de garde... Mais la brume, aussi vicieuse et effrayante soit-elle, n'ose pas s'aventurer près des fosses, d'où émane un fluide suffisamment pervers pour repousser la mort elle-même, qui n'a pas son mot à dire, puisqu'elle est défiée, au fond des fosses... Par un être dérangé...

Lentement, il promène son esprit malsain au bord du gouffre d'où proviennent clameurs de souffrance et râles de fin de vie. Ses bottes cirées rencontrent le sang séché, recouvrant la chaux de l'édifice, ou même parfois des monceaux de viscères laissés au sol, autrefois utiles, sans doute à un humain à présent en mauvaise posture, voire décédé. Dans sa lugubre marche, il marque une pause, observant le fond du gouffre béant, de cette hauteur vertigineuse, il observe une parcelle son œuvre, esquissant un rictus de satisfaction au coin de sa lèvre, il scrute le moindre détail de ce coin de tableau... Hurlements, lamentations, râles, cadavres, tripes, organes... Le métal et le sang y règnent en maîtres.

Après un temps de méditation, il se décide à emprunter le vaste escalier en colimaçon taillé à même la roche, serpentant tout autour de la fosse circulaire. De multiples traces pourprées contrastent franchement avec la pâleur du roc. Trébucher sur un fémur rongé par la vermine ou sur un foie fermenté menaçant d'éclater, en descendant au fond du gouffre, est une chose commune aux novices. Cependant, il chemine sereinement, bras dans le dos, marche par marche, observant avec joie ses sbires à l'œuvre en contrebas.

Finalement parvenu à l'abysse, touchant l'horreur du doigt, il visite les différentes scènes qui s'y jouent : d'imposants hommes à la peau souillée par le labeur s'emploient à écarteler à petit feu, sur de grands chevalets en bois pourri, des femmes et des hommes semblant résignés à leur triste fin, ailleurs, d'autres captifs sont solidement sanglés à des tables, tandis qu'on leur scie bras et jambes, pour un usage ultérieur, et, dans une autre loge de la fosse, des immondices organiques sont amassés, patientant dans leur pestilence, la venue du treuil mécanique qui les conduira au plus proche fourneau. Près de ces immenses et malodorantes aberrations sont également entassées des milliers de cadavres, point commun de toutes les fosses, carburant concurrençant le bois dans ces terribles abîmes. Ils sont omniprésents, truffés dans la moindre alcôve, prêts à l'emploi. Et parmi eux, il y a les blessés laissés pour morts, les vivants cherchant à s'échapper, étouffés par la chair morte...

Dans la paroi du gouffre sont excavées diverses pièces troglodytes, où la folie du Seigneur Pâle atteint son paroxysme : les membres tranchés, les organes maintenus en état dans des bocaux en verres, les os et le métal y sont acheminés par d'ingénieux systèmes de poulies et de montes-charges... Et à l'intérieur s'exécutent les disciples du Pâle, usant habilement de son énergie pour lui dédier de puissantes engeances... D'obscures engeances... IL est satisfait, très satisfait.


Andronikus le Balafré
De Fosse-aux-Morts et d'Alanthius
# Posté le lundi 11 août 2008 13:08
Modifié le mardi 12 août 2008 12:45

Le Point Vacances

Silence, JOK parle.
# Posté le mercredi 13 août 2008 06:33
Modifié le mercredi 13 août 2008 13:57

Klein Winziger Zwerg, enfin un truc dans le genre.

Parfois, dans les lointaines et escarpées montagnes des Pyrénées du nord orientales, un moine franciscain (comme Sean Connery), au douzième siècle, peut avoir l'incongrue idée d'écrire un livre, avec une plume et de l'encre (parce que Word à planté). Il choisit son sujet, qui peut aller de l'épisiotomie chez la vierge acariâtre au livre des milles et une façons de cuisiner le chat, mais, dans notre cas, on a, littéralement, rien à foutre. Imaginons maintenant ce moine débuter sa rédaction, il écrit quelques mots, une phrase s'établit peu à peu, formant une ligne, une ligne de vie... Et là, c'est la tache ! Une grosse et belle goutte d'encre ténébreuse s'accule contre le creux de la plume et... tombe... inévitablement... Résultat : un bonne grosse tache moche, qui nique tout le travail d'enluminure et de calligraphie, y'a pas à dire, c'est balot.

Eh ben lui, c'est ça, une grosse tache qui peut à peu près destructurer toute routine, habitude, ou machin qui dure. Enfin un truc, qui met un grain de sel assez conséquent, et qui y prend un malin plaisir. Enfin, moi, c'est ma perspective, et ce n'est peut-être pas si négatif...

JOK

Tiens, moi aussi chuis rentré au bercail.

"-Et c'est avec le plus grand honneur que je présente au Parlement Impérial son nouveau chancelier... Son nouveau chancelier qui ne devrait plus tarder !... Qui devrait, être là, bientôt... Enfin, ça serait pas trop mal.
-Je suis là, derrière le pupitre.
-Un pupitre doué de parole.. Là je.. j'avoue que..."

Klein Winziger Zwerg, enfin un truc dans le genre.
# Posté le mardi 19 août 2008 20:15

Mange mon Kaiser n°5

Et voilà ! Malgré les hésitations de ma précédente vidéo, il est enfin là, MMK 5. Avec un décor, une assistante et surtout une recette tout à fait... rustique :)
# Posté le vendredi 22 août 2008 17:03

Tiens j'avais oublié d'y mettre

Petit cadeau fait à Luvela pour son geburstag.. Bon ça date de fin août, mais j'avais complètement oublié...
Désolé pour la piètre qualité d'image.
Tiens j'avais oublié d'y mettre
# Posté le mardi 23 septembre 2008 12:43
Modifié le mardi 23 septembre 2008 13:32